Statut juridique paysagiste : EI, EURL, SASU – le guide complet
Un statut juridique est le cadre légal et fiscal qui encadre votre activité de paysagiste. Il détermine votre responsabilité personnelle, votre fiscalité, vos cotisations sociales et vos obligations administratives. Choisir le bon statut juridique pour votre entreprise de paysage n’est pas une décision anodine : elle impacte directement votre rentabilité, votre protection personnelle et votre charge administrative. En France, les trois statuts les plus courants pour un paysagiste sont l’Entreprise Individuelle (EI), l’Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée (EURL) et la Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle (SASU).
table des matières
Définition : qu’est-ce qu’un statut juridique pour paysagiste ?
Les trois statuts juridiques pour un paysagiste : présentation générale
Avant d’entrer dans les détails fiscaux et administratifs, il est essentiel de comprendre les caractéristiques fondamentales de chaque statut. L’Entreprise Individuelle est le statut le plus simple et le moins coûteux à mettre en place, idéal pour débuter votre activité de paysagiste en solo. L’EURL offre une certaine protection du patrimoine personnel tout en restant relativement accessible. La SASU, quant à elle, est un statut plus sophistiqué qui sépare complètement votre patrimoine personnel de celui de l’entreprise, mais implique davantage de formalités administratives. Chacun de ces statuts convient à des profils d’entrepreneurs différents et à des phases de développement distinctes de votre entreprise de jardinage.
L’Entreprise Individuelle (EI) : simplicité et réactivité
Qu’est-ce qu’une Entreprise Individuelle pour paysagiste ?
L’Entreprise Individuelle est le statut le plus simple et le plus directs pour un paysagiste qui souhaite se lancer rapidement. Avec ce statut, vous et votre entreprise de paysage ne formez qu’une seule entité juridique : il n’y a pas de distinction légale entre votre patrimoine professionnel et votre patrimoine personnel. Concrètement, si vous générez un chiffre d’affaires de 50 000 €, cet argent est directement vôtre, et vous le déclarez comme revenu personnel. Les formalités de création sont minimalistes : inscription au répertoire des métiers (pour un paysagiste classé artisan), ouverture d’un compte bancaire professionnel, et c’est tout. Pas de statuts à rédiger, pas d’enregistrement auprès de structures complexes, pas de frais d’immatriculation importants.
Fiscalité de l’EI : imposition du revenu et TVA
En tant qu’entrepreneur individuel paysagiste, vous êtes imposé sur le revenu professionnel que vous généreriez. Si vous déclarez 60 000 € de chiffre d’affaires, après déduction des charges professionnelles (carburant, outillage, assurance, locaux), vos bénéfices sont ajoutés à vos revenus personnels et soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Les taux d’imposition varient de 0 % à 45 % selon votre revenu global. Vous devez également vous inscrire au régime de la TVA si votre chiffre d’affaires dépasse 85 800 € (ou 34 400 € si vous êtes prestataire de services). Avant ce seuil, vous bénéficiez de la franchise en base de TVA, ce qui signifie que vous ne facturer pas la TVA à vos clients, mais vous ne pouvez pas non plus la récupérer sur vos achats professionnels.
Charges sociales et cotisations de l’entrepreneur individuel
Avec un statut d’Entreprise Individuelle, vous êtes travailleur non-salarié affilié à la sécurité sociale des indépendants (SSI, anciennement RSI). Vos cotisations sociales sont calculées sur votre revenu professionnel net. Pour un paysagiste générant 40 000 € de bénéfices nets, les cotisations sociales s’élèvent approximativement à 8 000 €, soit 20 % de votre bénéfice. Ces cotisations incluent l’assurance maladie (8,5 %), les allocations familiales (8,2 %), l’assurance vieillesse (17,75 %), l’indemnité journalière maladie (0,7 %) et la contribution supplémentaire d’indemnisation (1,3 %). Contrairement aux salariés, vous payez l’intégralité de ces charges sans qu’un employeur ne verse sa part patronale.
Responsabilité personnelle et risques avec l’EI
C’est ici que réside le principal inconvénient de l’Entreprise Individuelle pour un paysagiste : votre responsabilité personnelle est illimitée. Si un client poursuit votre entreprise pour un dommage causé lors de vos interventions (endommagement d’un système d’arrosage, destruction de clôture, blessure), ou si vous contractez une dette professionnelle que vous ne pouvez pas honorer, vos biens personnels (maison, voiture, comptes bancaires) peuvent être saisis. C’est pourquoi souscrire une assurance responsabilité civile et décennale est absolument indispensable pour tout paysagiste en EI, avec un coût variant de 300 € à 800 € par an selon votre secteur d’activité et votre chiffre d’affaires.
L’EURL : un juste milieu entre protection et simplicité
Qu’est-ce qu’une EURL pour un paysagiste ?
L’Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée (EURL) est une forme juridique intermédiaire qui combine la simplicité de gestion d’une petite entreprise avec une protection du patrimoine personnel. Contrairement à l’Entreprise Individuelle, l’EURL est une véritable entité juridique distincte de vous-même. Votre entreprise de paysage possède son propre patrimoine, son propre compte bancaire, et vos responsabilités professionnelles s’arrêtent à la limite de vos apports. Si vous investissez 15 000 € pour créer votre EURL et que l’entreprise fait face à des poursuites, seul ce capital investi peut être mis en jeu, pas votre maison ou vos biens personnels. Cette séparation des patrimoines constitue la protection fondamentale qu’offre l’EURL à un paysagiste.
Imposition fiscale de l’EURL et options possibles
Par défaut, l’EURL est soumise à l’impôt sur les sociétés (IS), avec un taux normal de 25 % sur les bénéfices (réduit à 15 % pour les premiers 42 500 € de bénéfices jusqu’en 2025 pour les petites entreprises). Si votre EURL de paysagiste génère 50 000 € de bénéfices nets, vous paierez environ 10 500 € d’impôt sur les sociétés. Cependant, vous avez la possibilité d’opter pour l’impôt sur le revenu, ce qui signifie que les bénéfices de votre entreprise sont imposés comme un revenu personnel, similairement à une Entreprise Individuelle. Cette option est particulièrement avantageuse pour les paysagistes dont le chiffre d’affaires est modéré ou en phase de démarrage, car elle permet d’éviter la double imposition (une fois au niveau de l’entreprise, puis au niveau personnel si vous distribuez des dividendes). L’option pour l’impôt sur le revenu doit être exercée dans les trois mois suivant la création de l’EURL et a une durée d’engagement minimum de deux ans.
Cotisations sociales : entrepreneur ou salarié ?
Avec une EURL, vous pouvez choisir de vous verser un salaire ou de vous rémunérer par dividendes. Si vous optez pour un salaire, vous êtes salarié de votre propre entreprise, affilié au régime général de la sécurité sociale, et vous payez à la fois les cotisations salariales (environ 8 % du salaire) et les cotisations patronales (environ 42 % du salaire). Sur un salaire net de 30 000 € (soit brut approximativement 39 000 €), les cotisations patronales représentent environ 16 380 €. Si vous vous rémunérez par dividendes, vous échappez aux cotisations sociales, mais cette stratégie a des limites et peut être requalifiée par l’administration fiscale. La plupart des paysagistes en EURL optent pour un salaire modéré complété par des dividendes pour optimiser leur fiscalité.
Formalités et coûts de création d’une EURL
Créer une EURL implique davantage de formalités qu’une Entreprise Individuelle. Vous devez rédiger des statuts (vous pouvez utiliser des modèles gratuits ou faire appel à un expert-comptable pour 150 € à 400 €), déposer une demande d’immatriculation auprès du Centre de Formalités des Entreprises (CFE), publier une annonce légale dans un journal d’annonces légales (coût environ 150 € à 200 €), et finalement immatriculer votre EURL au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS). Le coût total de création est généralement compris entre 300 € et 800 € si vous le faites vous-même, ou entre 800 € et 2 000 € si vous faites appel à un professionnel.
La SASU : la protection maximale pour paysagistes ambitieux
Qu’est-ce qu’une SASU pour paysagiste ?
La Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle (SASU) est le statut le plus sophistiqué et le plus protecteur pour un paysagiste. Comme l’EURL, la SASU crée une entité juridique distincte, ce qui signifie que votre patrimoine personnel est complètement séparé du patrimoine professionnel. Votre responsabilité est limitée au montant de vos apports. Si votre SASU de paysagiste endure des poursuites ou des dettes impayées, seul le capital investi est menacé. Contrairement à l’EURL et l’Entreprise Individuelle, la SASU offre une flexibilité beaucoup plus grande en matière de rémunération, d’organisation interne et de structure fiscale. Elle est particulièrement adaptée aux paysagistes qui envisagent une croissance rapide et un potentiel d’évolution vers le multi-associés.
Imposition fiscale de la SASU : avantages et optimisation
Par défaut, la SASU est imposée à l’impôt sur les sociétés (IS) avec un taux réduit de 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfices jusqu’en 2025, puis 25 % au-delà. Pour un paysagiste générant 60 000 € de bénéfices, l’impôt sur les sociétés s’élèverait à environ 12 500 € (15 % sur les 42 500 € premiers euros et 25 % sur les 17 500 € restants). Cependant, la SASU ne permet pas d’opter pour l’impôt sur le revenu (contrairement à l’EURL), ce qui signifie que si vous distribuez des dividendes à titre personnel, ces dividendes sont soumis à un prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de cotisations sociales). Cette double imposition peut être désavantageuse si vous distribuez régulièrement tous les bénéfices. Cependant, si vous réinvestissez les bénéfices dans votre entreprise de paysage, vous bénéficiez d’un avantage fiscal certain.
Cotisations sociales en SASU : le régime du salarié
En SASU, vous êtes obligatoirement salarié de votre entreprise. Contrairement à l’EURL où vous pouviez être travailleur non-salarié, en SASU vous êtes rattaché au régime général de sécurité sociale comme tous les salariés. Sur un salaire brut de 40 000 €, vous payerez environ 3 200 € de cotisations salariales et l’entreprise versera environ 16 800 € de cotisations patronales. Total : approximativement 20 000 € de cotisations sociales pour un salaire de 40 000 € brut. Cette charge plus importante est compensée par une meilleure couverture sociale : vous bénéficiez de l’assurance maladie, maternité, invalidité, d’une couverture retraite plus favorable, et du droit aux allocations chômage. C’est un avantage à considérer pour un paysagiste qui valide plus de trimestres de retraite.
Formalités, frais et gestion administrative de la SASU
Créer une SASU est plus coûteux et administratif qu’une Entreprise Individuelle ou une EURL. Vous devez rédiger un statut détaillé (200 € à 500 € si fait par un professionnel), publier une annonce légale (150 € à 250 €), immatriculer la SASU au RCS, et potentiellement recourir à un expert-comptable pour la gestion courante. Le coût initial de création varie entre 600 € et 2 500 € selon les services utilisés. Annuellement, la gestion d’une SASU est plus exigeante : vous devez tenir une comptabilité stricte, publier des comptes annuels au greffe du tribunal, rédiger des procès-verbaux d’assemblée générale, etc. Ces obligations administratives supplémentaires justifient pourquoi la plupart des jeunes paysagistes ne démarrent pas directement en SASU, mais y migrent après quelques années de croissance.
Comparatif des trois statuts : tableau récapitulatif
| Critère | Entreprise Individuelle (EI) | EURL | SASU |
|---|---|---|---|
| Responsabilité personnelle | Illimitée | Limitée aux apports | Limitée aux apports |
| Imposition fiscale (défaut) | Impôt sur le revenu | Impôt sur les sociétés ou revenu | Impôt sur les sociétés |
| Taux d’imposition approximatif | 0 % à 45 % (barème progressif) | 15 % ou 25 % (IS) ou barème progressif | 15 % ou 25 % (IS) + 30 % (dividendes) |
| Cotisations sociales (revenu 40 000 €) | ≈ 8 000 € (20 % du revenu) | ≈ 8 000 € (TNS) ou 16 800 € (salarié) | ≈ 20 000 € (salarié obligatoire) |
| Coût de création | ≈ 50 € à 200 € | ≈ 300 € à 800 € | ≈ 600 € à 2 500 € |
| Gestion administrative | Très simple | Modérée | Complexe |
| Idéal pour | Démarrage rapide, faible risque | PME en croissance | Forte ambition, potentiel multi-associés |
Comment choisir le meilleur statut pour votre entreprise de paysage ?
Quel statut choisir quand vous débutez comme paysagiste ?
Pour la majorité des paysagistes qui se lancent en tant que micro-entrepreneurs, l’Entreprise Individuelle reste le choix le plus judicieux. Elle offre une mise en place ultra-rapide (quelques jours), des frais minimes (50 € à 150 €), et une simplicité administrative sans égal. Si vous avez quelques clients de confiance et que votre chiffre d’affaires reste modéré durant les deux premières années, l’EI est suffisante. Cependant, dès le moment où vous réalisez un chiffre d’affaires conséquent (supérieur à 30 000 € par an) ou que vous exercez dans un secteur à haut risque (travaux sur sites dangereux, responsabilité civile élevée), envisagez de passer à l’EURL pour bénéficier d’une protection du patrimoine personnel. Rejoindre notre Coopérative paysagiste à Paris : Zéro administratif & 50% Crédit d’Impôt peut aussi être une alternative intéressante pour minimiser vos formalités dès le départ.
Quel statut choisir pour une entreprise de paysage en croissance ?
Si votre activité de paysagiste progresse et que vous générez un chiffre d’affaires annuel dépassant 50 000 € à 60 000 €, l’EURL devient plus attrayante qu’une Entreprise Individuelle. L’EURL vous offre la protection du patrimoine personnel que ne garantit pas l’EI, tout en restant relativement simple à gérer. De plus, en optant pour l’impôt sur le revenu, vous bénéficiez d’une fiscalité similaire à celle de l’EI, mais avec une meilleure séparation des patrimoines. Les cotisations sociales restent modérées (régime TNS), et l’EURL permet une certaine flexibilité dans la rémunération. Pour un paysagiste dont l’ambition est de stabiliser son entreprise autour de 80 000 € à 150 000 € de chiffre d’affaires, l’EURL est souvent le choix optimal.
Quel statut pour un paysagiste ayant des projets d’expansion ?
Si vous envisagez une croissance significative, l’embauche de plusieurs employés, et un potentiel ultérieur d’associés, la SASU est le statut à privilégier. Bien que les frais de création et l’administration soient plus importants, la SASU offre une flexibilité structurelle supérieure : vous pouvez facilement accueillir des partenaires, mettre en place des plans d’intéressement, et gérer une organisation professionnelle. Si votre entreprise de paysage atteint 200 000 € à 300 000 € de chiffre d’affaires avec plusieurs salariés, la SASU se justifie pleinement par sa clarté organisationnelle et sa scalabilité future.
Fiscalité détaillée : exemple chiffré pour chaque statut
Exemple : paysagiste générant 80 000 € de chiffre d’affaires
Supposons un paysagiste exerçant dans la région de Paris avec un chiffre d’affaires brut de 80 000 €. Ses charges professionnelles (carburant, entretien matériel, assurance, local de stockage, publicité) s’élèvent à 25 000 €, ce qui lui laisse un bénéfice net de 55 000 €. Comment cela se traduirait-il pour chaque statut ?
En Entreprise Individuelle : les 55 000 € de bénéfice sont ajoutés aux revenus personnels du paysagiste et imposés au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Avec un taux moyen d’environ 30 % (barème 2024), l’impôt sur le revenu s’élève à environ 16 500 €. Les cotisations sociales (SSI) représentent 20 % du bénéfice, soit 11 000 €. Au total, charges fiscales et sociales : 27 500 €. Reste net après impôts et cotisations : 27 500 €.
En EURL avec option impôt sur le revenu : les 55 000 € de bénéfice subissent le même traitement que l’EI : impôt sur le revenu environ 16 500 € et cotisations sociales (TNS) 11 000 €. Reste net : 27 500 €. Cependant, vous bénéficiez de la protection du patrimoine personnel, ce qui justifie les frais de création additionnels.
En EURL sans option (impôt sur les sociétés) : les 55 000 € sont d’abord soumis à l’impôt sur les sociétés à 25 %, soit 13 750 € (taux réduit de 15 % sur les 42 500 € premiers euros, puis 25 % au-delà). Reste : 41 250 €. Vous pouvez vous verser un salaire modéré (disons 20 000 € bruts) : les cotisations patronales représentent 8 400 €, cotisations salariales environ 1 600 €, impôt sur le revenu estimé 1 000 €. Total sur le salaire : 10 000 €. Le revenu net du salaire : 18 400 €. Le solde de 21 250 € peut être conservé dans l’entreprise ou distribué en dividendes. S’il est distribué, il subit le PFU de 30 %, soit 6 375 € de prélèvement. Revenu net des dividendes : 14 875 €. Total net : 33 275 €. Si vous conservez tout dans l’entreprise : 39 250 € restent disponibles pour réinvestir.
En SASU : les 55 000 € sont soumis à l’impôt sur les sociétés (15 % sur les 42 500 € premiers euros, 25 % au-delà), soit 13 750 € d’impôt. Reste : 41 250 €. Vous êtes obligatoirement salarié : versez-vous un salaire de 30 000 € bruts. Cotisations patronales (42 % approximativement) : 12 600 €. Cotisations salariales (8 %) : 2 400 €. Impôt sur le revenu (estimé) : 2 000 €. Total sur le salaire : 17 000 €. Revenu net du salaire : 28 000 €. Solde disponible dans l’entreprise : 11 250 €. Vos dividendes sont soumis au PFU de 30 %, ce qui vous rapporte nets 7 875 € supplémentaires. Total net : 35 875 €. Ou conservez les dividendes pour laisser 11 250 € en trésorerie d’entreprise.
Bilan : pour 55 000 € de bénéfice net, vous conservez environ 27 500 € en EI, 33 275 € en EURL-IS, ou 35 875 € en SASU si vous distribuez les dividendes. Ces chiffres montrent que la fiscalité à elle seule n’est pas déterminante, mais doit être combinée avec vos objectifs de protection, de croissance et de simplification administrative.
Transitions et changements de statut pour paysagiste
Passer d’une Entreprise Individuelle à une EURL
Nombreux sont les paysagistes qui démarrent en Entreprise Individuelle et souhaitent basculer en EURL après quelques années. Cette transition est possible mais exige de la planification. Vous pouvez créer une nouvelle EURL et y apporter les éléments de votre EI (clientèle, matériel, droits au bail), ou procéder à une transformation administrative moins simple. L’apport d’éléments d’actif depuis l’EI vers l’EURL peut générer une plus-value imposable, ce qui justifie de consulter un expert-comptable (coût estimé 200 € à 400 € pour cette démarche). La Chambre de Commerce et de l’Industrie (CCI) de votre région peut aussi vous conseiller gratuitement sur la transition.
Migrer de l’EURL vers la SASU pour paysagiste en expansion
Inverse : vous êtes paysagiste en EURL et envisagez de transformer votre structure en SASU. Cela implique une liquidation de l’EURL (règlement des impôts dus) et création d’une SASU. Cette transformation a des implications fiscales. Là aussi, le recours à un professionnel (expert-comptable ou avocat d’affaires) est fortement recommandé pour minimiser la fiscalité de transition.
Critères spécifiques au secteur paysager
Assurance et responsabilité civile : impact du statut
En tant que paysagiste, votre assurance responsabilité civile et décennale est un élément crucial, indépendamment de votre statut. Cependant, votre statut juridique influence le coût et la couverture. Une Entreprise Individuelle nécessite une assurance plus coûteuse car votre patrimoine personnel est en jeu. Une EURL ou SASU offre une meilleure séparation, ce qui peut marginalement réduire les coûts d’assurance (économie de 50 € à 150 € par an). Pour l’activité paysagère classique, une assurance responsabilité civile coûte environ 300 € à 600 € annuels, et une couverture décennale pour les ouvrages permanents dépasse souvent 500 € à 1 200 € par an selon votre secteur (création paysagère vs simple entretien).
Obligations légales : certification et déclarations sectorielles
Tous les statuts (EI, EURL, SASU) imposent au paysagiste de respecter les mêmes obligations légales. Vous devez être inscrit au Répertoire des Métiers auprès de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat, sauf si votre chiffre d’affaires dépasse les seuils (18 500 € pour services) auquel cas vous relevez de la catégorie profession libérale. Si vous installez des équipements d’irrigation ou d’aménagement, vous devez justifier de compétences reconnues (qualification professionnelle ou justification d’expérience). Ces exigences sectorielles sont indépendantes du statut, mais faciliteront votre crédibilité auprès de clients professionnels.

Aspects pratiques : comment passer à l’action
Créer son Entreprise Individuelle paysagiste
Pour lancer une EI paysagiste, rendez-vous auprès de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat (CMA) de votre département avec les documents suivants : pièce d’identité, justificatif de domicile, et accusé de réception de création microentreprise obtenu en ligne sur le site du portail officiel de l’URSSAF. L’inscription coûte entre 50 € et 100 €. Une fois immatriculé, vous disposez d’un numéro SIRET et vous pouvez débuter votre activité quasi immédiatement. Ouvrez un compte bancaire professionnel (nécessaire pour séparer vos finances) et souscrire une assurance responsabilité civile, et vous êtes opérationnel.
Créer une EURL paysagiste
Pour une EURL, le processus est plus administratif. Vous pouvez télécharger un modèle de statuts gratuit ou en faire rédiger par un expert-comptable. L’apport capital (minimum 1 €, mais généralement 5 000 € à 10 000 € pour crédibilité) doit être versé sur un compte bloqué. Publiez une annonce légale dans un journal habilité (coût ≈ 150 € à 200 €), puis déposez votre dossier d’immatriculation au CFE ou greffe du tribunal compétent. Délai total : 2 à 3 semaines. Coût total : 300 € à 800 € DIY, ou 1 000 € à 2 000 € avec professionnels.
Créer une SASU paysagiste
La création de SASU suit un processus similaire à l’EURL mais avec davantage de formalités (plus de mentions obligatoires dans les statuts, procès-verbal d’assemblée générale d’approbation). Recourir à un prestataire spécialisé (LegalStart, Legalvision, ou notaire) peut simplifier. Coûts : 1 000 € à 2 500 € en passant par un professionnel, ou 600 € à 1 000 € en mode autonome si vous êtes organisé.
En résumé : le guide de décision pour paysagiste
Choisir votre statut juridique paysagiste dépend de trois facteurs clés : votre niveau de responsabilité souhaitée, votre chiffre d’affaires actuel et prévisible, et votre ambition de croissance. Entreprise Individuelle (EI) : démarrage rapide, idéal si chiffre d’affaires inférieur à 30 000 € et faible risque. Coût : moins de 150 €. Impôts/cotisations : 20 % du bénéfice. EURL : protection du patrimoine, flexibilité fiscale, chiffre d’affaires 30 000 € à 150 000 €. Coût : 300 € à 800 €. Impôts/cotisations : 20 % à 40 % selon option fiscale choisie. SASU : protection optimale, scalabilité, chiffre d’affaires 150 000 € et plus, ou potentiel multi-associés. Coût : 600 € à 2 500 €. Impôts/cotisations : 40 % à 50 % du bénéfice selon configuration. Consultez un expert-comptable local ou un avocat d’affaires pour affiner votre choix en fonction de votre situation précise. Retournez à notre accueil pour découvrir nos autres ressources sur la gestion entrepreneuriale en paysagisme.
FAQ : réponses courtes sur statut juridique paysagiste
Quel est le meilleur statut juridique pour débuter comme paysagiste ?
L’Entreprise Individuelle est le meilleur choix pour débuter. Elle offre une création ultra-rapide (quelques jours), des frais minimaux (50 € à 100 €), et aucune formalité administrative préalable. Vous commencez à générer du chiffre d’affaires immédiatement. Passez à l’EURL dès que vous dépassez 30 000 € de bénéfice pour bénéficier de la protection du patrimoine.
Combien coûte la création d’une EURL pour paysagiste ?
La création d’une EURL coûte entre 300 € et 800 € si vous la faites vous-même (annonce légale 150-200 €, frais d’immatriculation 100-150 €, statuts gratuits en ligne). Avec un professionnel (expert-comptable, avocat), comptez 1 000 € à 2 000 €. C’est un investissement unique en début d’activité.
Quelles sont les cotisations sociales pour un paysagiste en SASU ?
En SASU, vous êtes salarié obligatoirement. Sur un salaire brut de 40 000 €, les cotisations sociales (salariales + patronales) atteignent environ 20 000 € au total (3 200 € salariales + 16 800 € patronales). C’est plus élevé qu’en EI ou EURL-TNS, mais vous bénéficiez d’une meilleure couverture retraite et invalidité.
Peut-on passer d’une EI à une EURL sans perdre sa clientèle ?
Oui, absolument. Vous créez une EURL en parallèle, informez vos clients de la transition, et transférez progressivement les contrats. Il n’existe aucune obligation de fermer l’EI instantanément. L’apport d’éléments d’actif (matériel, clientèle) de l’EI à l’EURL peut générer une plus-value imposable, consultez un expert-comptable pour optimiser.







